!!! La pause-philo d’Anne Deschamps
Décembre 2017

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Décembre 2017

Les Gars de l’Atelier, la fine équipe ACBS+

« On n’est jamais sûr de rien. On cherche. On trouve. On est sûr de trouver parce qu’on veut trouver. On n’a pas le choix, on peut pas laisser un camion en panne ! » : première leçon de philosophie du Chef d’atelier, Nicolas, qui a un sens prononcé de la bonne formule.
J’ai vérifié, en mécanique la solution dépend absolument du diagnostic. Et Nicolas avec son équipe, est un pro quand il s’agit de dépanner ou d’anticiper une panne.
Il a été à bonne école avec François Dumont ( n°2 de chez ACBS+ ) qui lui a appris, avec rigueur et pédagogie les fondamentaux de la spécialité.

Nicolas a un parcours remarquable dans l’entreprise qu’il a connue il y a quinze ans, en y entrant par un Bac Professionnel pour être aujourd’hui Responsable de l’atelier.
« Le Diagnostic, ça se travaille. Ça demande de la logique, de l’expérience, des connaissances et des compétences. Et faut aimer ça ! ».
Après mes immersions de philosophe dans l’atelier, j’ajoute aussi qu’il faut aussi du talent. La modestie des travailleurs manuels leur interdit de s’attribuer ce genre de qualificatifs et pourtant, il faut un certain talent et un talent certain pour débrouiller des embarras mécaniques.
Il faut de l’intelligence, de la patience, du bon sens et du courage. Parce que travailler sous un poids lourds, c’est impressionnant et physique même si pour les mécanos c’est une situation banale.

Mais les travailleurs manuels ont souvent du mal à considérer leurs compétences à leurs juste valeur.
A leur décharge, notre société ( à commencer par l’École ) ne reconnaît pas naturellement le savoir-faire manuel.
On admire plus facilement l’ingénieur qui a inventé un moteur que le mécano qui l’entretient comme l’architecte est mieux reconnu que le maçon.

Pourtant, les cerveaux et les mains sont complémentaires même s’ils n’appartiennent pas à la même personne et les mains des uns mettent en valeur le cerveau des autres.
D’ailleurs dans le mot « Humain », le mot main est fort présent, ce qui signe l’évidente complémentarité de l’intellectuel et du manuel.
Si j’ai choisi de pratiquer une philosophie de terrain, c’est précisément pour rester en prise avec le Réel et ceux qui ont un savoir-faire. Tout est là : sans savoir-faire le monde arrêterait de tourner.
Et la Philo-Deschamps cherche à faire remarquer des métiers manuels qu’on ne remarque pas assez.

La fine équipe de l’Atelier ACBS+ ( Brian, Cyril, Lionel, Ahmed, Vincent, Jordane, Jacky et Brice ) travaillent en polyvalence même si chacun à ses attributions spécifiques comme Cyril qui s’occupe des Bus et Brice qui est Second du chef d’atelier.
Chaque jour chacun s’adapte aux nécessités de l’agenda et des dépannages imprévus.

Travailler sur un poids lourds, c’est du lourd. Déjà c’est plus éprouvant que d’intervenir sur une voiture. Celui qui travaille sur un poids lourd peut travailler sur une voiture mais pas l’inverse, ça demande une approche différente.
Nicolas m’a dit avec humour « 90% de mes mécanos, tu les mets sur une voiture ça les fait pleurer parce que c’est trop étroit. Une voiture, le moteur tient dans un coffre alors qu’un camion, quand t’as basculé la cabine, c’est comme si tu travaillais sur une immense table. Ton intervention est plus performante et plus directe. Sinon tout est comme dans une voiture mais en plus grand. Davantage de roues donc davantage de plaquettes, une vidange c’est 43 litres d’huile, les rétros ça va de 3 à 5, pour le freinage t’as trois systèmes additionnels possible, tu as deux véhicules en un : le tracteur et la remorque qui peuvent chacun poser des pannes différentes, tout est plus surdimensionné dans un camion mais ne prend pas forcément plus de temps que pour les interventions classiques.
Par exemple, pour changer une culasse, tu mets environ 4 heures pas tellement plus que pour un 4×4 Toyota. En revanche un camion c’est beaucoup plus sale parce qu’on ne se promène pas avec un camion, on travaille et ça salit et ça change tout le rapport à l’engin.
Quand un gars arrive en panne, il perd obligatoirement de l’argent et là, on se doit d’être efficace le plus vite possible. On ne peut pas faire autrement ».

Quand j’étais en immersion chez ACBS+, un camion polonais est arrivé en remorquage et il a fallu diagnostiquer la panne dans l’urgence pour limiter l’immobilisation. C’était un défaut d’alimentation sur le tableau électrique central. L’équipe de l’atelier s’est concertée en coordination pour solutionner la panne et limiter le blocage du camion.

Ce qui est étonnant chez ACBS+, c’est leur apparente décontraction pour aborder les difficultés mécaniques et leur capacité à réagir auprès des clients étrangers avec lesquels il faut mettre en place des procédures de paiement contraignantes. Ce type de dépannage en urgence est un défi que les Gars de l’Atelier relèvent toujours avec brio et je l’ai constaté dans mes différentes immersions.

Façon réplique des « Tontons Flingueurs », Nicolas avec un sourire malicieux dit « la mécanique c’est comme les filles, faut du doigté ! ». Ce à quoi j’ajoute que le doigté associé à un mental intelligent, c’est mieux ! On en revient toujours à l’association idéale d’un cerveau qui pense avec les mains et des mains qui travaillent avec leur cerveau.

Dans l’équipe ACBS+, il faut nommer Olivier au service après vente dont le sourire de vedette américaine, assure un accueil optimiste.
Il faut nommer aussi Brenda ( Géraldine Macra assistante administrative ) qui est là, depuis à peine 2 ans, mais qui est comme un poisson dans l’eau au milieu de cette fine équipe qui lui a donné ce surnom chaleureux adapté à sa naturelle sympathie.

Les Gars de l’Atelier, c’est effectivement l’humour de la joie de vivre et jamais l’ironie de l’amertume.
Mes immersions, pour écrire une philosophie du Poids Lourds légère et bienveillante, ont été pour moi la joie de rencontrer des mecs humbles et pourtant, ô combien compétents.
Et je les remercie d’avoir autant fait rire l’intello.

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